Le vélo comme un outil d'efficacité personnelle

copie d'écran du webinaire montrant Charles et le mot d'accueil

Ce n’est peut-être pas un hasard si c’est à la même période que je me suis penchée sur les méthodes d’organisation et que j’ai définitivement adopté le vélo comme mode de transport privilégié.

Je travaillais pour un jeune éditeur de logiciel en pleine croissance, et seule au service support, je jonglais entre les nombreuses (et toujours très urgentes) demandes de nos clients et les freins de mes collègues développeurs qui mettaient en place toujours plus de nouvelles fonctionnalités. La nécessité de prioriser chaque semaine, chaque jour, de ne rien rater, de faire du reporting (devait-on embaucher pour absorber tel pic d’activité ? ) m’a amenée à la recherche de solutions pour pouvoir gérer cela au mieux.

Matrice Eisenhower (merci Serge ;)), 5S, GTD… ce furent mes premiers essais de méthodes d'organisation.

À cette époque j’avais 45 min de trajet en transport en commun : marche, bus, métro, bus, marche. C’était donc long, cela ne me permettait pas pour autant de lire confortablement du fait des correspondances, j’étais régulièrement horripilée par mes « compagnons » de voyage qui écoutaient leur musique sans casque et par-dessus le marché selon le trajet que j’empruntais il m’arrivait d’attendre de longues minutes un bus dans un secteur très circulé donc très bruyant et très pollué.

À l’occasion d’une grève des transports en commun j’ai tenté de parcourir mon trajet domicile-travail à vélo. Bon cela se faisait, mais il y avait tout de même 8km, alors dès que les bus ont repris du service j’ai remisé mon vélo à la cave.

Et puis un été, en rentrant de vacances, je n’avais aucune envie de me retrouver enfermée dans un bus ou dans un métro, et j’ai décidé d’aller au travail à vélo. Je m’en souviens encore ! Il faisait bon, il n’y avait pas trop de circulation, c’était super agréable, je n’avais pas l’impression d’aller au travail mais de partir en balade, ce qui revenait à décaler mon heure « d’embauche » d’une heure ! À l’arrivée je transpirais un peu (pas grave, j’avais prévu une tenue de rechange), mais je me sentais en super forme, hyper contente, hyper énergisée, hyper motivée.

Mon trajet n’était pas facile, je n’avais aucun aménagement cyclable, une descente au départ, une montée à l’arrivée, des rues étroites embouteillées, d’autres rues très circulées avec des vitesses élevées, et un rond-point infaisable à vélo que je shuntais en passant à pied sur le trottoir. De plus la distance, 8km, était une distance importante pour moi qui n’étais pas sportive (je ne le suis toujours pas). Malgré cela je savourais la liberté que me procurait le vélo : je n’étais dépendante ni d’horaires ni de la quantité de trafic, mon trajet durait invariablement 45 minutes quelles que soient les conditions. L’exercice physique faisait que je me sentais plus en forme, les idées bien claires, notamment le matin avant d’attaquer mes tâches. Le mouvement répétitif du vélo a sans doute un effet hypnotique/calmant, en tout cas le temps de trajet ne représentait plus un temps de stress (courir après le bus, supporter les incivilités...) mais un temps de rêverie, de décompression et de « digestion de la journée » le soir au retour. Certes, je devais rester concentrée et vigilante par rapport à la circulation, mais au pire si j’avais besoin de sérénité, sur les parties les plus agitées, je descendais du vélo et poursuivais à pied sur quelques mètres. Au retour j’avais envie de faire une pause dans le parc ? Rien de plus facile !

Ces trajets à vélo, tout comme les méthodes d'organisation dans mon travail, me rendaient la maîtrise des éléments : alors que la journée j’étais bombardée de tâches à évaluer, prioriser, traiter, que je devais négocier en permanence avec les clients ou avec mes collègues… là pendant 1h le matin et 1h le soir je guidais mon vélo comme je l’entendais, je passais par où je voulais, à la vitesse de mon choix, je m’arrêtais si je le voulais, et repartais quand je l’avais décidé. Cela n’a l’air de rien, mais subrepticement, cela donne une sensation de pouvoir, pas de pouvoir sur les autres, mais du pouvoir tout court.

Les méthodes d'organisation et le vélo permettent chacun à leur façon de préserver son temps mais aussi de préserver la machine de production (cf S. Covey) la plus importante : soi-même. Et comme l'explique bien David Allen, ce n'est pas forcément pour "produire plus", c'est surtout pour avoir une meilleure qualité de vie dans le sens d'une vie plus en accord avec nos besoins et nos désirs. Grâce aux méthodes d'organisation je vais à l'essentiel avec sous la main une cartographie complète de mes responsabilités, de mes centres d'intérêt, de mes projets : je sais à tout moment où je suis et où je vais. De ce fait je stresse moins, ce qui est autant de bénéfice pour ma santé. Grâce au vélo non seulement je diminue le stress lié aux trajets (bouchons, horaires...) mais j'entretiens ma santé par une activité physique régulière, sans y penser, sans que cela me prenne du temps supplémentaire dans mon emploi du temps. Pour ma part, si j'utilise le vélo pour me déplacer, ce n'est PAS QUE parce qu'il est plus efficace, c'est aussi parcequ' il me permet d'aller à la "bonne" vitesse, la mienne, c'est à dire une vitesse qui n'est ni imposée par les autres, ni le fruit d'une course sans fin vers la réduction maximale du temps de trajet, simplement une vitesse humaine ! C'est cette sensation d'alignement qui est reposante et gratifiante pour l'esprit : avoir la conscience aigüe de faire la bonne tâche, d'être au bon endroit, dans le bon timing, d'utiliser le bon outil.

Dans cette vie où rares sont les domaines où nous pouvons avoir et garder la maîtrise, je recommande donc ces deux outils : de bonnes méthodes d’organisation, et le vélo !



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Texte inspiré par l’écoute de l’intervention de Jean de la Rochebrochard à 1h20 dans la vidéo suivante : https://www.youtube.com/watch?v=ZEAWYwCg46Y

Extrait :

Il faut avoir, si possible, une discipline de vie à côté de votre discipline pro. […] Je vais vous donner un exemple, vous avez des défauts, il faut mettre des contraintes en face. […] (raconte comme il a pris du poids) On a tous essayé de se fixer notre routine de sport hebdomadaire. Je ne sais pas pour vous mais moi je n’y arrive pas. […] J’ai fait deux choses : j’ai arrêté le scooter à Paris, […] et je me suis acheté un vélo qui est un Brompton, un vélo pliable. […] Je dois faire 7, 10, 12, 15 km à vélo par jour, c’est la première chose que j’ai faite pour faire du sport de manière régulière sans que ça bouffe sur mon agenda, et en plus le vélo à Paris ça va hyper vite.

Autres témoignages du passage au vélotaf :
Tristan Nitot, Bilan de un an de Vélotaf (article de blog) : https://standblog.org/blog/post/2019/12/01/Bilan-un-an-de-Velotaf

Brice Perrin, Comment j’ai remplacé ma voiture par un vélo (article de blog) : https://www.lecurionaute.fr/pourquoi-et-comment-jai-remplace-ma-clio-par-un-velo/

En roues libres, Se mettre au vélotaf : bilan un an après (vidéo 13 min) : https://www.youtube.com/watch?v=ZcVRbcKFOew